Pica pica Pie bavarde

pie

Pie bavarde Pica pica

Classification (COI)

Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Corvidae
Genre Pica
Nom binominal pica pica (Linnaeus, 1758)
Statut de conservation UICN LC : Préoccupation mineure
La Pie bavarde (Pica pica), est l'une des grandes espèces de corvidés les plus connues. Elles sont aussi connues sous le nom d'ageasse ou agasse (dialecte poitevin), agache (en picard) ajaça (occitan limousin) dans le sud-ouest de la France, ou encore d'agace (agaça) en Provence1. Elles peuvent aisément être identifiées grâce à leur morphologie et à leur plumage noir et blanc caractéristique. Il existe 13 sous-espèces de pie bavarde.
En Europe, dans un contexte de changement écologique rapide des paysages (remembrements agricoles, intensification agricole, perte de naturalité des paysages ruraux, artificialisation des sols agricoles2 et des lisières forestières, fragmentation écopaysagère, usage croissant de pesticides...) - pour une partie des populations de laridés ou l'étourneau sansonnet - les ornithologues assistent depuis la fin du xxe siècle à un net changement de comportement, de démographie et dynamique des populations et d'habitat et répartition spatiale chez cette espèce, qui tend en Europe de l'Ouest, et notamment en France à fortement régresser dans les campagnes et à devenir plus urbaine et péri-urbaine. Ceci modifie l'écologie de l'espèce via les phénomènes de compétition, prédation, ressources alimentaires3,4, piégeage qui la concernent, en suscitant des controverses sur le statut à accorder à l'espèce en ville, dans le cadre de l'écologie urbaine ou dans les milieux ruraux où elle est encore fréquemment piégée et tuée, comme d'autres corvidés dans les campagnes alors qu'elle y a beaucoup régressé et qu'à ce jour, « l'impact écologique de la pie n'a jamais été prouvé sérieusement bien qu'il soit la principale justification du contrôle des populations ». C'est une espèce qui fait preuve de capacités d'adaptation à l'anthropisation des paysages 5,6, mais non au piégeage (F. Chiron a « montré que la régulation en France était une cause majeure du déclin des effectifs »7). De plus, des expériences scientifiques d'évaluation des impacts du piégeage (dit "retrait expérimental") de pies ont montré que ce piégeage n'avait pas d'effets positifs marqués sur la communauté des oiseaux considérés comme "victimes" de la prédation des pies.

Caractères d'identification morphologiques
La pie bavarde arbore un plumage noir sur le dessus du corps, au niveau de la tête, de la poitrine et de la partie sous-caudale, et blanc au niveau du ventre, des flancs, des rémiges primaires et à la base des ailes. Le plumage noir montre des reflets métalliques, bleuâtres sur les ailes, violacés sur le corps et la tête, et verdâtres sur la queue, dus à une iridescence des plumes. Le bec est noir, de même que les pattes et l'iris des yeux.
Cet oiseau d'assez grande taille (de 44 à 56 cm de longueur8) est doté d'une longue queue (de 20 à 30 cm). L'envergure varie de 52 à 60 cm et le poids de 190 à 250 g 9. Le mâle est légèrement plus grand que la femelle, mais il n'existe pas de réel dimorphisme sexuel chez cette espèce. La coloration des ailes peut donner une indication de l'âge de l'individu9.

Durée de vie, taux de survie
Sa durée de vie est de 5 ans, ce qui est un score moyen (pour un oiseau) mais sa longévité maximale connue est de 21 ans et 8 mois10.
Selon un suivi basé sur 536 adultes bagués, le taux annuel de survie des adultes a été estimée à 0.7011.
La survie juvénile (survie la première année de vie) varie plus fortement selon les années et les contextes. Il a été estimée à 0.2212

Comportement
Comme pour beaucoup d'autres espèces dites "banales" et proches de l'Homme, bien que cet oiseau ait été très commun dans toute l'Europe, qu'il ait imprégné l'imaginaire collectif (contes, chansons, histoires et anecdotes)5,13 et qu'il présente`, comme tous les corvidés un intérêt éthologique manifeste en raison d'importantes facultés d'apprentissage et d'adaptation, il a peu été étudié avant les années 1980 où une importante monographie (« The magpies ») a été publiée par Tim Birkhead (1991)5.

Locomotion
Son vol semble parfois incertain (en feston) mais en ligne droite ; sa marche est un peu saccadée, avec souvent la queue levée et par succession de petits bonds.

Régime alimentaire
La pie, comme d'autres corvidés fait partie des animaux nécrophages qui contribuent à faire rapidement disparaître les petits cadavres de l'environnement , jouant ainsi un rôle sanitaire important
La pie bavarde est omnivore : son régime alimentaire peut varier14, mais est essentiellement constitué :
d'invertébrés (vers, limaces, insectes...) qui constituent plus de 80 % de l'alimentation des jeunes et des adultes (Balança 1984), et près de 100 % de celle des poussins5 ;de fruits et graines diverses ;d'œufs (prédaté dans les nids de passereaux) ;de poussins d'autres oiseaux (2 % du régime alimentaire au printemps/été) 3 ;
détritus d'origine humaines (surtout en ville, où elle a parfois appris à percer les sacs poubelles) ;charognes (ex : animaux écrasés sur les routes) ;petits vertébrés, occasionnellement (petits rongeurs, dont le campagnol, lézards : moins de 1 % des proies) ;

La proportion de ces aliments varie selon leur disponibilité dans le territoire de chaque pie15,3,16. Elle mange essentiellement au sol, et des proies animales en été. Une hypothèse est qu'elle pourrait profiter des gazons régulièrement entretenus et des basses strates dégagées des parcs urbains, en bénéficiant de proies plus visibles et accessibles, mais ceci n'est pas confirmé par les études faites en Île-de-France9.
Une étude suédoise a démontré17 qu'un accès à une nourriture plus abondante et plus riche (poisson mis à disposition par les expérimentateurs) avant et lors de la période de reproduction améliorait la santé et le succès de reproduction des individus qui en bénéficiaient (construction plus précoce du nid, ponte plus précoce, œufs plus lourds, meilleure succès d'incubation et nombre plus élevé d'oisillons que chez les pies-témoins ne bénéficiant pas de ces apports)17. Dans ce cas, les différences entre succès de reproduction semblent pouvoir être attribuées à la prédation (par les corneilles Corvus cornix L)17.
Par contre le fait d'offrir de la nourriture accessible dans une zone non choisie comme territoire par les pies (dans l'espoir d'induire une réoccupation du site) ne les a pas amenées à venir s'y nourrir17.
Cette étude a conclu que la pénurie alimentaire semble être (en Suède au moins) le facteur de mortalité le plus important pour cette espèce17.
On a par ailleurs montré chez la pie que les pontes tardives ou de remplacement d'une couvée ayant échoué produisaient des poussins avec une immunocompétence diminuée18.
Remarque : Il semble que le nom du genre de la pie, associé à la tendance à chaparder tout ce qui brille sans être mangeable, soit à l'origine de l'emploi du terme "pica" pour désigner précisément un trouble du comportement consistant à ingérer des substances non alimentaires.
Impacts en termes de prédation[modifier]
Plusieurs études ont suggéré, en milieu rural, que la croissance des populations de corvidés (corneilles surtout) aurait pu contribuer au déclin des oiseaux nichant au sol ou dont les nids ouverts sont facilement prédatés19,20,20. À l'encontre des autres corvidés, la pie, quant à elle, montre une dextérité remarquable pour se faufiler dans les haies et buissons épineux denses (aubépine, prunellier...) où elle cause des ravages dans les nids de passereaux inféodés à ces milieux (fauvettes, gobe-mouches, mésanges, chardonneret, rouge-queue noir, bouvreuil pivoine, pies-grièches...). Ainsi, en milieu rural, en période de reproduction et donc de prédation envers les passereaux, on peut observer un couple de pies, à moins de 500 m de son nid, « ratisser » systématiquement de bout en bout une haie d'épines de 100 à 300 m de long ou parcourir de branche en branche tout le volume d'un buisson épineux à la recherche de couvées ou nichées. La pression de prédation pourrait être plus forte en ville en raison de la fragmentation du milieu 21.

Relations sociales et autres comportements
La pie jacasse. Les vocalisations de la Pie bavarde sont variées, mais toujours un peu nasales et rauques, et parfois un peu gémissantes. Le cri d'alarme est un « tché-tché-tché-tché... » en séries rapides et prolongées ; le cri de conversation est un « tcha-ka ! » ou « tchia-tcha » claquants.
Comme d'autres corvidés, la pie bavarde, de nature grégaire (en particulier l'hiver), est une espèce bruyante et peu farouche qui aime à vivre dans le voisinage de l'Homme6 et semble apprécier, et de plus en plus, nicher près des habitations et dans les espaces verts où elle atteint ses plus fortes densités3,22. Elle semble y trouver des habitats ouverts et faciles à prospecter (pour la nourriture) et peut-être une protection contre les rapaces et prédateurs.
Si elle sait être méfiante et discrète en cas de danger, c'est également un oiseau extrêmement curieux et attiré par les objets brillants ; ce comportement est sans doute à l'origine de sa réputation de voleuse.
Le cerveau des oiseaux commence à être mieux compris23, et ses performances réévaluées24. La pie bavarde est dotée d'un cerveau proportionnellement plus important que celui de beaucoup d'autres oiseaux. C'est l'un des oiseaux qui mémorise bien son environnement et les endroits où elle peut trouver à manger, y compris dans des cachettes où elle a pu accumuler de la nourriture25. C'est l'un des oiseaux les plus intelligents : l'individu de l'espèce, à l'instar du corbeau, possède une capacité d'apprentissage qui en fait un oiseau capable de s'adapter à de nombreux changements de l'environnement. Il est ainsi capable de stratégie de groupe (face à un prédateur tel que le chat) et est le premier des oiseaux à avoir été (pour certains spécimens) capable d'avoir conscience de se voir dans un miroir, dans le fameux « test du miroir » pratiqué par les éthologues26 et réputé démontrer une conscience de soi (comme c'est le cas pour l'Homme, le chimpanzé27,28, le gorille29,30, l'orang-outan31, le chimpanzé pigmé32, le dauphin33 ou l'éléphant34). Il peut avertir ses congénères d'un danger et peut apprendre à ses petits une partie de ce qu'il a appris lui-même [réf. souhaitée] et peut-être faire preuve d'empathie35. Cependant, en période de reproduction, l'intelligence de la pie ne semble pas lui servir face au piégeage tel celui pratiqué au trébuchet dans lequel elle se laisse prendre et reprendre avec une facilité déconcertante dès le moment où le piège est muni d'une pie vivante (sexe indifférent) servant d'appelant ou d'un faux nid garni d'un œuf ou de coquilles d'œufs de poule. C'est ainsi que fréquemment un couple de pie est capturé dans le même quart d'heure avec parfois, en plus, une ou deux congénères (trébuchet multiple à 4 trappes). Par comparaison, envers ce type de piégeage, la corneille noire (avec une corneille en guise d'appelant ou avec un faux nid garni) se montre nettement plus méfiante que la pie et est donc plus difficile à capturer, à moins de poser le trébuchet à son insu, nuitamment, à proximité de l'arbre portant son nid, ce qui a le don de titiller son sens exacerbé de territorialisme dès les premières lueurs de l'aube.
La pie est un oiseau très sédentaire, plutôt fidèle à son nid (occupé toute l'année ou à chaque printemps5 et très territorial en période nuptiale, mais plus social en période inter-nuptiale, où il est capable de se rassembler en petits groupes et de former la nuit des dortoirs de quelques dizaines à une centaine d'individus). Ces dortoirs, parfois bruyants en début de soirée, contribuent à l'impression d'abondance que donnent les pies. D'une année à l'autre, si des adultes reproducteurs se dispersent, c'est à faible distance (dans le même territoire, ou dans un territoire jouxtant le précédent pour 95 % des pies se déplaçant)36,37, et selon Eden, ces stratégies de déplacement ne changent pas dans le temps pour une même pie (Eden, 1987). De même la dispersion des juvéniles est souvent faible (moins de 500 m souvent pour les oiseaux facilement observables), mais en moyenne à plus de 2,1 km pour les adultes et jusqu'à 7,9 km pour les juvéniles selon une étude anglaise basée sur les reprises de bagues38), ce qui est faible pour les adultes, mais comparables aux distances parcourues par les juvéniles d'autres espèces urbaines comme pigeon ramier et la corneille noire (compétiteur principal, plus grand et plus lourd, qui mange des œufs de pies, et leur volent des branchettes de nids, voire - parfois - tuent des pies adultes9. Cependant quand les corneilles attaquent les pies, elles dépensent beaucoup d'énergie, et il n'est pas démontré qu'elles ont un impact important sur la démographie des pies.
En milieu urbain, la pie semble encore plus sédentaire ; les données récentes de Seine-Saint-Denis ont confirmé le caractère exceptionnel des déplacement de pies entre espaces verts (« Sur près de 500 pies baguées en 3 ans dans les parcs de Seine-Saint-Denis, seulement 4 ont été revues dans des parcs différents du lieu de leur baguage. Aucune ne fut contrôlée ou retrouvée morte en dehors des parcs. »9).
On pourrait penser ou espérer que les excédents de populations urbaines puissent réalimenter les populations rurales, mais les données de bagage et 16 ans de suivi STOC montrent que non39. L'hypothèse que des individus ruraux investissent les zones urbanisées demande à être mieux étudiée, mais est parfois contestée5 ou ne concernerait qu'un nombre d'individus assez faible.
Le territoire d'un couple de pie s'étend sur 1 à 2 hectares en ville, mais peut être chevauché par d'autres territoires de pies, notamment dans les parcs urbains. Il peut atteindre 4 à 5 ha en moyenne dans des habitats plus naturels40,36. Dans tous les cas, cette aire peut être parfois partagée avec d'autres couples ou avec des pies non reproductrices. Cette territorialité est l'un des facteurs d'autorégulation des populations (Wilson 1975). Dans un parc urbain, les pies adultes qui ne trouvent plus de place pour fonder un couple, ne se reproduisent pas ; ainsi selon l'importance des populations, ce sont de 5 à 60 % des effectifs adultes5 qui ne participent pas à la reproduction5. Ces pies (ainsi que les jeunes de l'année déjà indépendants) ne sont pas occupées à la surveillance du nid et des petits et elles sont bien plus mobiles, pouvant prospecter des zones atteignant 18 ha36. Elles peuvent occasionnellement remplacer l'un des membres d'un couple (Newton 1998).
Les pies ne migrent qu'exceptionnellement mais quelques déplacements de plusieurs centaines de kilomètres ont été mis en évidence par le suivi d'individus bagués, lors de grandes vagues de froid en ex-URSS5 et quelques observations montrent de possibles traversées de la Méditerranée41.In: Ecology. Paris, University of Pierre et Marie Curie, p 69

La pie n'utilise pas les nichoirs
et puis aller le mettre à 15 mètres de haut ??

ANNEXES ET Bibliographie

Sites référents

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pie_bavarde
voir sur wiki pour les références

pica pica vol

Description Elster im Flug
Date 2007-04-02 (original upload date)
(Original text : 2007-04-01)
Source Originally from de.wikipedia; description page is/was here.
(Original text : selbst)
Auteur Original uploader was Benutzer123 at de.wikipedia

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