Coenagrion mercuriale Agrion de Mercure

Coenagrion_mercuriale_by_Gilles_San_Martin

Agrion de Mercure Coenagrion mercuriale

Classification
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Hexapoda
Classe Insecta
Ordre Odonata
Sous-ordre Zygoptera
Super-famille Coenagrionidea
Famille Coenagrionidae
Genre Coenagrion
Nom binominal Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840)
Statut de conservation UICN NT : Quasi menacé

L'Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale) est un odonate zygoptère de la famille des coenagrionidés présent en Europe de l'Ouest moyenne et méridionale ainsi qu'au nord du Maghreb. Il est extrêmement rare en Belgique, Suisse et Allemagne. Sa répartition est à tendance méditerranéenne (Askew 1988).

Description
L'espèce a été décrite en 1840 par Charpentier à partir d'informations transmises par Heyer sous le nom Agrion (Agrion) mercuriale. La localité-type se trouve à Lüneburg (Allemagne).
Synonymes anciens : Agrion mercuriale Charpentier, 1840, Agrion fonscolombii Rambur, 1842
L'Agrion de Mercure est très polymorphe, néanmoins seules deux sous-espèces restent retenues par les auteurs (d'Aguilar & Dommanget 1998) :
Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840) mercuriale - présent sur l'essentiel de l'aire de répartition de l'espèce.
Coenagrion mercuriale castellanii Roberts, 1948 - présent en Italie
Coenagion mercuriale hermeticum (De Selys-Longchamps, 1872) indiquée en Afrique du Nord n'est pas unanimement reconnue par les auteurs.
L'identification de l'espèce passe pour les mâles par l'examen des premiers segments abdominaux1, la répartition du noir et du bleu sur l'abdomen et l'étude précise des pièces terminales de l'abdomen. Le dessin noir sur la face dorsale du segment abdominal S2 ressemble approximativement au symbole astronomique de Mercure, ce qui explique le nom d'espèce mercuriale. L'identification des femelles est difficile et se fait principalement par l'étude de la forme du prothorax.

Répartition
L'Agrion de Mercure est présent sur presque tout le territoire de la France, l'Italie, l'Espagne et le Portugal. Globalement, plus on descend dans le Sud, plus le nombre de stations connues est important et les populations localement abondantes.
Dans le Sud-Est de la France, l'Agrion de Mercure paraît « vulnérable » en raison de la fragilité de son habitat, mais il n'est pas rare, notamment au sein des puissants hydro-systèmes de la vallée du Rhône et de la vallée de la Durance. Il apparaît disséminé sur de plus petits cours d'eau dans le Beaujolais, le Bas Dauphiné, l'Avant Pays Savoyard ainsi que dans les secteurs méridionaux de la Drôme et de l'Ardèche. Le sud-est de la France possède vraisemblablement plus de la moitié des effectifs de l'espèce en France. Les plus importantes populations connues se trouvent dans la moyenne et la basse vallée du Rhône ou à proximité ; l'espèce évite clairement les zones cristallines du Massif central.

Habitats
Cette espèce est attachée aux sources, ruisseaux et fossés non pollués. Des travaux scientifiques autrichiens révèlent qu'elle est reconnue comme l'un des odonates dont la larve est la plus sensible à la charge organique des cours d'eau avec Cordulegaster bidentata. Cette sensibilité à la qualité de l'eau fait de cette espèce un indicateur potentiel de la qualité des habitats. Parmi les facteurs défavorables identifiés, l'eutrophisation est le plus largement répandu suite à l'intensification de l'agriculture et certainement le plus insidieux et problématique à long terme. L'optimum écologique de cette espèce concerne les sources tempérées à régime constant (Askew 1988).
La présence d'herbiers d'hydrophytes est essentielle à la bonne reproduction de l'espèce. Les populations les plus denses sont souvent notées en présence de Potamogeton coloratus, un potamot qui semble avoir une convergence écologique avec cet agrion.
En Grande-Bretagne, l'espèce est prioritaire pour les actions de conservation au niveau des programmes concernant la biodiversité qui ont été mis en place par le gouvernement. Depuis 1997, un comité de pilotage spécifique regroupe des chercheurs de l'université de Liverpool, la British Dragonfly Society et des gestionnaires d'espaces naturels. L'objectif de ce programme est de protéger les sites de reproduction existant encore dans le Sud de l'Angleterre et au Pays de Galles et de tenter la réintroduction dans cinq sites en 2005. Ce programme, piloté par English Nature, est financé notamment par l'Union européenne dans le cadre de crédits Life pour les rivières britanniques (Conserving Natura 2000 Rivers).

Phénologie
La période de vol de l'espèce diffère selon que les populations se trouvent au sud ou au nord de leur aire. Les premières émergences surviennent en avril dans le sud, ou en mai plus au nord. L'essentiel des populations se maintient jusqu'en août, voire plus tard dans le sud de la répartition de l'espèce (d'après Aguilar & Dommanget 1998). Néanmoins des observations récentes révèlent que les observations peuvent être notoirement plus étendues, par exemple dans la Drôme, des individus sont observés jusqu'à fin octobre lorsque les conditions sont favorables en automne.

Coenagrion_mercuriale_vexin150613

PÉRIODES D OBSERVATIONS

en avril dans le sud, ou en mai plus au nord. L'essentiel des populations se maintient jusqu'en août

ANNEXES ET Bibliographie

Sites référents
http://fr.wikipedia.org/wiki/Agrion_de_Mercure
http://nokomis.eklablog.com/coenagrion-mercuriale-en-couple-agrion-de-mercure-a90521957

Références

Buchwald R. 1989 - Zur Ökologie von Coenagrion mercuriale (Charp.) und Orthetrum coerulescens (Fabr.) in Südwestdeutschland (Odonata : Coenagrionidae, Libellulidae). - Opusc. Zool. Flumin., 34 : 3-6.
Faton J.M. & Deliry C. 2004 - Surveillance de la population de Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840) dans la Réserve naturelle nationale de Ramières du Val de Drôme (Odonata, Zygoptera, Coenagrionidae). - Martinia, 20 (4) : 163-179. > pdf en ligne
Gerken B. & Sternberg K 1999 - Die Exuvien europäischer Libellen (Insecta, Odonata). - Huxaria Druckerei GmbH, Verlag und Werbeagentur, Höxter : vi+ 354 pp.
Grand D. 1996 - in Helsdingen P.J., Willemse L., Speight M.C.D. (coord.) 1996 - Background information on invertebrates of the Habitats Directive and the Bern Convention. - Conseil de l'Europe, Nature & environnement, 80, part II. Mantodea, Odonata, Orthoptera and Arachnida.
Martens A. 2000 - Group oviposition in Coenagrion mercuriale (Charpentier) (Zygoptera : Coenagrionidae). - Odonatologica, 29(4) : 329-332.
Marinov M. 2001 - Does Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840) occur in Bulgaria ? - Exuviae, 8 (1) : 13-19. > pdf en ligne
↑ Michael Chinery, Insectes de France et d'Europe occidentale, Paris, Flammarion, août 2012, 320 p. (ISBN 978-2-0812-8823-2) , schéma de S1 et S2 du mâle p. 24
Sur les autres projets Wikimedia :
Agrion de Mercure, sur Wikimedia Commons Agrion de Mercure, sur Wikispecies
Liens externes[modifier]

Référence Fauna Europaea : Coenagrion mercuriale (Charpentier 1840) (en)
Fiche espèce : L'Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale, Charpentier 1840), Diagnostic écologique pour le document d'objectif Rhin Ried Bruch de l'Andlau – Tome 4 : les Odonates – Sept. 2005 lire le document PDF
Photos de Coenagrion mercuriale sur Galerie-insecte.org
Carte de répartition en France de Coenagrion mercuriale sur INPN (Inventaire du patrimoine naturel)
Liste rouge UICN http://www.iucnredlist.org/search/details.php/5081/all

Coenagrion_mercuriale_gros_plan