Bufo bufo Crapaud commun

Bufo bufo Author: Iric

rapaud commun Bufo bufo

Classification selon ASW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Amphibia
Sous-classe Lissamphibia
Super-ordre Salientia
Ordre Anura
Sous-ordre Neobatrachia
Famille Bufonidae
Genre Bufo
Nom binominal Bufo bufo (Linnaeus, 1758)

Le crapaud commun (Bufo bufo) est une espèce d'amphibiens classé parmi les anoures. C'est l'espèce de crapauds la plus répandue en Europe.

Description
Le Crapaud commun est un anoure de taille moyenne à grande, mesurant de 50 à 90 mm chez le mâle, de 80 à 110 mm, voire plus, chez la femelle, avec des tailles plus grande au sud qu'au nord1. C'est le plus gros crapaud européen2. C'est un animal court sur pattes et trapu.
La pupille est horizontale, avec l'iris uniformément rouge cuivré ou orange, légèrement vermiculé de noir (fig. 2). Derrière chaque œil, les glandes parotoïdes sont très proéminentes, divergentes, allongée, au moins deux fois plus longues que larges (à la différence de celles du Crapaud calamite beaucoup plus courtes).
Sur le dos, sa peau est pustuleuse, c'est-à-dire couverte de saillies (appelées aussi verrues) formées par des glandes granuleuses, capables de secréter un venin crémeux, contenant des amines, des peptides et des alcaloïdes1. Le venin des glandes parotoïdes et des pustules a pour fonction de protéger les crapauds contre les prédateurs et joue aussi un rôle antiseptique et antibiotique pour un animal qui ne possède pas un système immunitaire aussi performant que celui des mammifères. Ce poison n'est dangereux que pour les carnassiers qui veulent le mordre, sauf les serpents réfractaires au venin. Certaines glandes secrètent un mucus lui permettant de ne pas se dessécher et de préserver ainsi l'humidité et l'élasticité de sa peau.
Le crapaud commun est généralement marron, gris jaunâtre ou roussâtre. Sa robe est souvent unie mais elle peut porter quelques taches plus sombres, surtout dans le sud. La face inférieure est blanc jaunâtre, unie ou tachetée.
Le mâle reproducteur a souvent la peau assez lisse, d'un teint vert olive (fg. 3). Il porte des callosités nuptiales brun noir, sur les doigts I, II et III. Il est dépourvu de sac vocal.

Répartition
Le crapaud commun se rencontre jusqu'à 3 000 m d'altitude dans toute l'Europe, à l'exception de l'Irlande, dans le nord de l'Afrique (Algérie, Maroc et Tunisie) et à l'ouest de l'Asie au Kazakhstan, au Liban, en Syrie et en Turquie.
Cette espèce est partout présente en France sauf en Corse. Elle est en général commune mais seulement plus rare dans certains secteurs de vallées, de plaines ou de plateaux des Alpes ou du Massif central.

Habitat
Le crapaud commun vit à peu près partout en plaine et en forêt notamment dans les milieux humides. Il est présent du niveau de la mer jusqu'à 1 500 m d'altitude environ dans le Jura, le Massif central et les Alpes et jusqu'à 2 600 m dans les Pyrénées.
Il apprécie les milieux frais et boisés et évite les habitats chauds et secs, comme les cordons dunaires du littoral ou les Causses du sud de la France qu'il laisse au Crapaud calamite.
Il vit sur terre et rejoint l'eau uniquement pendant la brève période de reproduction. Les sites de ponte sont en priorité des plans d'eau permanents de grandes dimensions, souvent riches en poissons, comme lacs, étangs, bras mort de rivières, mares, rivières, bassins de carrière et sablières, marécages, tourbières etc. Bon marcheur, on peut le rencontrer très loin des plans d'eau.

Mode de vie
Le crapaud commun est actif surtout la nuit. Avec ses membres assez courts, il ne se déplace que lentement et plutôt lourdement. Il ne s'appuie que sur ses doigts (c'est un digitigrade, ne prenant pas appui sur sa paume). Inquiété, il peut s'éloigner à petits bonds.
Le jour, il se cache dans un trou qu'il creuse au ras du sol ou dans un terrier de rongeur, dans une taupinière ou sous du bois mort ou des pierres. Plusieurs individus peuvent occuper le même terrier.

Alimentation
Le Crapaud commun se nourrit principalement d'insectes divers et de petits animaux (limaces, vers de terre, chenilles, cloportes, mille-pattes, petits coléoptères, scolopendres, mouches etc.) qu'il attrape avec sa langue collante. Il mastique sa proie en l'écrasant avec le palais car il ne possède pas de dents. Quand il mange ses yeux se ferment et rentrent dans sa tête. Il chasse à l'affût et il lui faut un petit objet en mouvement pour lancer une attaque.

Hivernation
La période d'hivernage se déroule habituellement d'octobre-novembre à février-mars, dans un site terrestre situé généralement à moins de 500 m du site de ponte1. A l'automne, en effet, il se rapproche de sa mare de reproduction mais attend le printemps pour effectuer le trajet final2. Pour hiverner, il se réfugie dans une cavité à l'abri du gel (tunnel d'animal, cave, tas de bois). Durant cette période, il peut effectuer quelques sorties par temps doux.

Reproduction
À la fin de l'hiver, les crapauds se regroupent par dizaines voire par centaines autour de points d'eau pour s'accoupler et pondre leurs œufs qui deviendront têtards et se transformeront en petits crapauds en quelques semaines.
La période de reproduction débute de décembre à février dans le sud et le sud-ouest, de février à mars dans le reste de la zone et encore plus tard en altitude. L'adulte mue peu avant ce moment1. Il se défait de son épiderme hivernal et acquiert une peau dorsale lisse.
La migration prénuptiale s'effectue principalement par nuits douces. Les crapauds se déplacent en grand nombre vers un point d'eau. Les mâles arrivent en général les premiers et y restent plusieurs semaines. Ils sont fidèles à leur frayère. Lors du trajet, certains mâles ayant rencontrés une femelle, s'agrippent sur son dos et ne la lâche plus jusqu'au site de ponte. La femelle, déjà chargée par son gros abdomen plein d'ovocytes, n'a plus alors qu'à avancer avec son partenaire fermement rivé sur le dos et à se frayer un chemin cahin-caha parmi les feuilles et les cailloux.
Dans l'eau, la concurrence entre mâles est très forte et les bagarres sont nombreuses. Lorsqu'une femelle arrive dans l'eau, les mâles se jettent sur elle, en poussant de petits cris d'amours plaintifs, pour essayer d'être les premiers à l'agripper sous les aisselles, dans la position dite d'amplexus axillaire (fig. 6). Souvent, on peut voir cinq ou six mâles s'accrocher les uns aux autres pour essayer de déloger celui qui tient la femelle. Celui qui est en meilleure position fait tout pour repousser les rivaux de ses pattes arrières. Mais lorsque la femelle manifeste les symptômes de la ponte, les intrus abandonnent finalement la lutte et laissent le couple réaliser tranquillement ses objectifs. Leur instinct de reproduction les mène à s'accrocher à d'autres espèces (grenouilles, poissons, pied agité au bord de l'eau) et à ne lâcher prise parfois que plusieurs jours après.
Le chant nuptial est très discret : "cout...couac...cout". Le mâle produit des cris de contact, dans l'eau ou à terre.
Dès que la femelle commence à évacuer ses ovocytes, le mâle l'aide en stimulant l'orifice cloacal de ses orteils et en frappant de petits coups sur ses flancs. La ponte de deux longs cordons d'œufs (un par ovaire) que le mâle arrose au fur et à mesure de son sperme peut durer plusieurs heures. Ces longs cordons d'œufs sont fixés à la végétation aquatique. Une femelle pond habituellement entre 5000 et 7 000 oeufs. Chaque femelle pondrait tous les deux ans.
L'éclosion des œufs se fait au bout de deux à trois semaines, suivant la température de l'eau. Le têtard, un être aquatique, possède des branchies et une queue. Il se nourrit de déchets organiques et d'algues. Sa métamorphose en jeune crapaud (imago) terrestre, se fait ensuite en un mois et demi à 3 mois, ce qui porte courant juin en général, et début juillet sur les reliefs.
À la fin de la reproduction, les adultes entament une migration postnuptiale vers un lieu de séjour estival.
La maturité sexuelle est atteinte à l'âge de 3 à 7 ans dans le nord et probablement plus tôt dans le sud. Il vit une dizaine d'années.

Particularités
L'œil cuivré, caractéristique de l'espèce Bufo bufo (crapaud commun), semble bien adapté à la vision nocturne grâce à une pupille horizontale très extensible.
La peau toujours humide, garnie de tubérosités venimeuses, n'est dangereuse que pour les carnassiers qui veulent mordre les crapauds, ou appliquée sur une blessure. Il faut néanmoins éviter de se frotter les yeux ou toucher une muqueuse ou porter les doigts à la bouche après avoir touché un crapaud.
En présence d'un ennemi naturel tel qu'une couleuvre, le crapaud commun se dresse sur ses pattes et se gonfle, probablement pour paraître plus gros et décourager le prédateur, et pour lui exposer ses glandes à venin (il possède notamment deux glandes parotoïdes, à l'arrière de la tête, produisant du poison, contenant notamment des bufotoxines.
Il vit environ 10 ans dans la nature et jusqu'à 36 ans en captivité.

Menaces et protections
Comme la plupart des amphibiens, la destruction et l'assèchement des marais ainsi que les pesticides constituent une menace pour l'espèce. Beaucoup de Crapauds communs sont écrasés sur les routes en rejoignant leur zone de reproduction. L'installation de barrières temporaires ou de crapauducs est recommandée pour protéger cet amphibien.
C'est juste après la métamorphose et au sortir de l'eau que le Crapaud commun est le plus vulnérable à ses prédateurs, à la déshydratation, aux pesticides et l'écrasement sur les routes.
Adulte, il a peu de prédateurs en raison de sa toxicité : la couleuvre à collier, le héron cendré, le hérisson, la loutre et le putois. Ce dernier est capable de creuser jusqu'à un mètre sous la neige pour capturer un crapaud en train d'hiverner. D'instinct, il n'en consommera que la partie postérieure, sans la peau, afin d'éviter les glandes à venin. Une mouche verte parasite, Lucilia bufonivora (Calliphoridae), pond son œuf dans la narine du crapaud où sa larve se développe et dévore sa tête.
En France, le Crapaud commun est protégé par l'arrêté du 22 juillet 1993 (article 1), et par la convention de Berne (annexe III). Cette espèce est classée parmi les espèces "à surveiller", dans le livre rouge des vertébrés de France.
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Photo: Iric    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/08/Bufo_bufo_sitting-Iric2006.jpg

OBSERVATIONS EN PICARDIE

population bufo bufo en picardie

ANNEXES ET Bibliographie

Sites référents
http://fr.wikipedia.org/wiki/Crapaud_commun
http://soundcloud.com/camecrude/crapaud-commun-bufo-bufo-chant

Taxinomie

1) Le taxon admet de nombreux synonymes14 :
Rana bufo Linnaeus, 1758
Rana rubeta Linnaeus, 1758
Bufo vulgaris Laurenti, 1768
Bufo ventricosus Laurenti, 1768
Buffo strumosus Lacépède, 1788
Rana pluvialis Lacépède, 1788
Bufo cinereus Schneider, 1799
Rana acephala Schneider, 1799
Bufo rouselei Latreille in
Sonnini de Manoncourt & Latreille, 1801
Bufo spinosus Daudin, 1803
Rana scorodesma Hermann, 1804
Bufo minutus Schinz, 1822
Bufo ferruginosus Risso, 1826
Bufo tuberculosus Risso, 1826
Bufo palmarum Cuvier, 1829
Bufo alpinus Schinz, 1833
Bufo carbunculus Bonaparte, 1835
Bufo vinearum Lesson, 1841
Bufo commutatus Steenstrup, 1846
Bufo communis Günther, 1859 "1858"
Bufo cinereus var. minor Koch, 1872
Bufo cinereus var. medius Koch, 1872
Bufo cinereus var. hybridus Koch, 1872
Platosphus gervais de l'Isle, 1877
Bufo vulgaris var. acutirostris Lessona, 1877
Bufo vulgaris var. obtusirostris Lessona, 1877
Bufo rubeta var. robustior Lataste in Boscá, 1880
Bufavus meneghinii Portis, 1885

Bufo-bufo-erdkroete-maennlich

Crapaud commun, pupille horizontale, avec un iris orange-jaune et grosse glande parotoïde derrière l'œil
Auteur H. Krisp
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a3/Bufo-bufo-erdkroete-maennlich.jpg

bufo bufo couple

Durant la migration prénuptiale, certains mâles chevauchent de grosses femelles jusqu'au point d'eau, pour s'assurer la primauté d'accès à elles, chaque femelle étant très convoitée par de nombreux rivaux
Date                28 mai 2005
Auteur                Janekpfeifer
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e0/Kroetenpaarung.800.jpg

bufo bufo tétards

tétards
Date                11 mai 2006
Auteur                Piet Spaans
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e2/LarvaeBufoBufoRanaTemporaria.JPG