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Prunus avium  Merisier

Cliquez pour agrandir l'imagePrunus avium Merisier Cerisier des oiseaux

Classification
Règne                Plantae
Sous-règne                Tracheobionta
Division                Magnoliophyta
Classe                Magnoliopsida
Sous-classe                Rosidae
Ordre                Rosales
Famille                Rosaceae
Sous-famille                Prunoideae
Genre                Prunus
Nom binominal Prunus avium (L.) L., 1755
Classification phylogénétique
Ordre                Rosales
Famille                Rosaceae
clevegetalamiens cleparcstpierre
Le Merisier ou Cerisier des oiseaux (Prunus avium) est un arbre originaire d'Europe, d'Asie de l'ouest et d'Afrique du nord (Paléarctique occidental) appartenant au genre Prunus de la famille des Rosaceae. Il est parfois appelé Cerisier sauvage ou Cerisier des bois.
Avec le Cerisier acide (Prunus cerasus), c'est l'une des deux espèces de cerisiers sauvages à l'origine des variétés actuellement cultivées. Sa forme domestiquée est connue sous le nom générique de Cerisier doux, divisé en Guignier (guignes à chair molle, juteuse, légèrement acidulée) et Bigarreautier (bigarreaux à chair ferme, sucrée et dont il existe une multitude de variétés telles que burlat, marmotte, napoléon, reverchon, etc.). Au Canada, le terme « merisier » désigne Prunus pensylvanica et Prunus virginiana.

Synonymes
(≡) Cerasus avium (L.) Moench
(=) Prunus avium var. sylvestris (Ser.) G. Martens & Kemmler
(≡) Prunus cerasus var. avium L. (basionyme)
(=) Prunus macrophylla Poir.

Histoire
Le merisier sauvage, Prunus avium est présent en Europe dès l'époque néolithique, comme l'attestent les découvertes archéologiques1.
Les cultivars de cerises douces sont très proches des formes du Prunus avium sauvage que l'on trouve dans toute l'Europe tempérée, dans le Caucase et le nord de la Turquie2. Les fruits de ce merisier sauvage sont de la même couleur rouge foncé. Mûrs, ils ont une chair sucrée mais qui peut être amère, sans être acide. Avant d'être cultivées, ces merises sauvages étaient récoltées comme l'attestent les noyaux trouvés sur des sites néolithiques et de l'Age du Bronze, en Europe centrale2.
La culture du merisier pour ses fruits remonterait au IV ème siècle avant notre ère, d'après les traces archéologiques trouvées en Asie Mineure (Caucase, Anatolie). Les premières cultures seraient grecques puis romaines.
Selon l'encyclopédiste romain du ier siècle, Pline (H.N. livre XV, 37), le général romain Lucullus, lors de sa campagne militaire contre le roi du Pont (côte sud de la Mer Noire), aurait découvert et apprécié les cerises de la ville de Cerasus (actuellement, la ville turque de Giresun) et les aurait ramené à Rome en 68 avant notre ère. Les armées romaines auraient ensuite dispersé les variétés de cerisiers cultivés à travers toute l'Europe. Comme le signalait De Candolle en 1882 « il faut dire encore une fois qu'il y avait des Cerisiers — au moins celui des oiseaux — en Italie avant Lucullus, et que l'illustre gourmet n'a pas dû rechercher l'espèce à fruits acides ou amers. Je ne doute pas qu'il n'ait gratifié les Romains d'une bonne variété cultivée dans le Pont et que les cultivateurs ne se soient empressés de la propager par la greffe, mais c'est à cela que s'est borné le rôle de Lucullus » (Origine des plantes cultivées, 1882).
Le médecin grec du ier siècle, Dioscoride, mentionne des kerasia qui consommées fraiches, sont bonnes pour l'intestin (de Materia Medica,1-157).
L'analyse génétique et morphologique des noyaux de Prunus retrouvés immergés dans l'eau, lors des fouilles du site romain vicus Tasgetium3 (Eschenz, près du lac de Constance, en Suisse, de -100 à +300) ont permis d'établir que sur les 3500 noyaux de Prunus, 90% venaient de cerises de P. avium/cerasus et le reste était constitué de prunelliers (P. spinosa), de prunéoliers (P. insititia) et de prunes (P. domestica).
On sait par ailleurs que le cerisier n'était pas connu dans la Méditerranée orientale4 « Il semble que la cerise n'était pas connue dans la région [Méditerranée Orientale] durant l'époque biblique, mishnaique et talmudique, n'a jamais eu un rôle économique important et n'était pas cultivée » (Lev & Amar 2007). Les cerisiers seraient arrivés dans la Terre d'Israël à l'époque des Croisades. En Chine, le Prunus avium n'était pas indigène, seul le Prunus pseudocerasus Lindley (yingtao 樱桃) était cultivé depuis des siècles pour ses fruits rouge écarlate, dans les régions de l'est et du nord5. Le cerisier Prunus avium fut introduit par les ports du nord de la Chine6 et nommé yangyingtao 阳樱桃 "cerisier étranger"7.

Description

Le genre Prunus est composé de nombreuses essences, qu'il est parfois difficile de différencier. Le merisier se reconnaît sans erreur grâce à deux (ou trois) nectaires (petites glandes rouges nectarifères) situées à la base de ses feuilles caduques oblongues, dentées et pubescentes en dessous.
Le merisier8 est un grand arbre à fût droit et cylindrique, à croissance très rapide, qui atteint 20 à 25 m de haut et 0,60 m de diamètre. Il vit environ 100 ans et est très exigeant en lumière.
Son écorce fine a tendance à s'exfolier en lanières horizontales. Les jeunes rameaux sont brun-rouge, brillants.
Les feuilles sont elliptiques, dentées (précisément biserretées). Le pétiole de 2-7 cm de long, porte deux glandes rouges à la base du limbe.
Ses fleurs blanches pédonculées sont disposées en petits bouquets latéraux. La floraison a lieu aux mois d'avril-mai, juste avant la feuillaison. C'est une espèce allogame, auto incompatible dont la fécondation croisée doit être assurée par les insectes pollinisateurs.
Ses fruits charnus (merises), longuement pédonculés sont comestibles mais amères. Ils peuvent être utilisés en distillerie pour confectionner du kirsch. La cerise douce cultivée est rouge foncé ou noirs, sucrée ou acide.
Port : Cime étroite et relativement claire, à ramification souvent régulièrement verticillée, tout au moins dans le jeune âge. À l'état adulte, cime arrondie à branches légèrement retombantes à leur extrémité.
Enracinement : puissant, racines profondes et racines traçantes assez longues, parfois drageonnantes.
Couvert : léger. Produit une litière peu abondante, de décomposition facile, génératrice de bon humus doux et améliorante.

Distribution
Le merisier croît spontanément9 dans toute l'Europe, dans le Caucase et l'Asie occidentale (Afghanistan, Iran, Turquie).
Il est cultivé pour ses fruits ou son bois dans toutes les régions tempérées du monde.

Habitat
Naturellement peu abondant et dispersé en forêt, cet arbre n'est pas une essence pionnière.
Il nécessite donc pour s'épanouir une ambiance et un micro-climat forestier. Il est néanmoins de plus en plus planté en population mixte, voire en rangs, nécessitant alors une protection impérative les premières années, car groupé, il devient très appétant pour les chevreuils et plus sensible aux chancres bactériens, ou à la cylindrosporiose, ou à certaines attaques d'insectes.

Variétés cultivées
À partir du compartiment sauvage de Prunus avium (les merisiers), a été créé un compartiment cultivé, les cerisiers doux, sélectionnés pour leurs fruits plus gros, pour leur résistance aux maladies et pour leur époque de maturité. Ils sont multipliés par greffage.
L'analyse génétique des marqueurs AFLP10 a décelé quelques erreurs d'assignation spécifiques : l'Anglaise Hâtive (May Duke, Royale Hâtive) ne reçoit plus l'assignation P. x gondouinii mais P. avium, la griotte jaune d'Ollins n'est plus un P. cerasus mais un P. avium. Inversement les assignations a priori P. avium du Gros guin de Cœur, Guigne Boissière et Guin des Charentes sont revues a posteriori en P. x gondouinii.

Ravageurs et maladies
Ravageurs :
Les ravageurs les plus fréquents sont la mouche des cerises et le puceron noir.
La mouche des cerises (Rhagoletis cerasi) dépose ses œufs dans les cerises.
Le puceron noir du cerisier (Myzus cerasi) peut attaquer les feuilles très tôt au printemps.
Les chenilles de divers papillons peuvent occasionner des dégâts aux fleurs, feuilles et fruits.
Les coléoptères xylophages susceptibles d'attaquer les arbres fruitiers sont :
  • les bostryches (Anisandrus dispar) creusent des galeries, d'abord perpendiculaires à la surface de la branche puis en suivant les couches annuelles
  • les scolytes (Scolytus rugulosus) creusent également des galeries entre l'écorce et le bois dur.
En Amérique du Nord, le papillon de nuit Saturnie cécropia (Hyalophora cecropia) se nourrit de merisier.
Maladies :
Les cerisiers12 peuvent être atteints principalement par trois maladies cryptogamiques :
  • la moniliose : le Monilia laxa provoque un dessèchement des fleurs, puis de la brindille fructifère et des branches. Elle se développe à la suite d'une blessure (gel, piqûres d'insectes, tailles) suivi d'un temps doux et humide.
  • l'anthracnose ou cylindrosporiose : les feuilles se couvrent de taches violettes, rondes
  • la criblure par Coryneum : sur les feuilles des taches brun-rouge qui se nécrosent et laissent des perforations
Le chancre bactérien (ou gommose bactérienne) du cerisier doux est causé par une bactérie du genre Pseudomonas. Il se manifeste au printemps ou au début de l'été par un brusque dessèchement de rameaux, de branches ou même de l'arbre tout entier. Il est à l'origine de nombreux dépérissements dans certaines régions de France.

Utilisations
Le merisier, comme tous les arbres fruitiers, offre un bois ayant de bonnes propriétés mécaniques (résistance à la compression, traction ou flexion) ; néanmoins, il présente un retrait moyen au séchage et peut être quelques fois assez nerveux.
Références[modifier]

↑ Claire Doré, Fabrice Varoquaux, Histoire et amélioration de cinquante plantes cultivées, Inra-Quae, 2006, 812 p.
↑ a et b Daniel Zohary, Maria Hopf, Domestication of Plants in the Old World: The Origin and Spread of Cultivated Plants in West Asia, Europe, and the Nile Valley, Oxford University Press, USA, 2001, 328 p.
↑ Britta Pollmann, Stefanie Jacomet, Angela Schlumbaum, « Morphological and genetic studies of waterlogged Prunus species from the Roman vicus Tasgetium (Eschenz, Switzerland) », dans Journal of Archaeological Science, vol. 32, no 10, 2005
↑ Efraim Lev, Zohar Amar, Practical materia medica of the medieval eastern Mediterranean according to the Cairo Genizah, Brill, 2007, 750 p.
↑ Hu Shiuying mentionne aussi le P. tomentosa la cerise duveteuse, maoyingtao 毛樱桃, qui était mangé localement par les gens
↑ (zh) Shiu-ying Hu, Food Plants of China, The Chinese University Press (HK), 2005, 844 p.
↑ pour la Flora of China : Ouzhou tianyingtao 欧洲甜樱桃 "cerise douce d'Europe"
↑ Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion, G. Dumé, Flore forestière française: Plaines et collines, Tome 1, Institut pour le développement forestier, 1989, 2003, 1783 p.
↑ Référence GRIN  [archive] : espèce P. avium  [archive] (en)
↑ M Tavaud, A Zanetto, JL David, F Laigret and E Dirlewanger, « Genetic relationships between diploid and allotetraploid cherry species (Prunus avium, Prunus<gondouinii and Prunus cerasus) », dans Heredity, vol. 93, 2004, p. 631-638
↑ variétés  [archive]
↑ les jardins fruitiers  [archive]
http://agriculture.gouv.fr/graines-et-plants-forestiers  [archive]
http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/1_registreMatBaseNOV-2010.pdf  [archive]
http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Doc1-10-21-Annexe3-cat-qualifiee05-2011.pdf  [archive]
http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/doc2-10-21-annexe2a-cat-selectionnee-05-2011.pdf  [archive]
http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/identifie200510.pdf  [archive]
http://www.inra.fr/les_recherches/exemples_de_recherche/tournant_majeur_dans_la_culture_des_merisiers  [archive]
Liens externes[modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :
Prunus avium, sur Wikimedia Commons Prunus avium, sur Wikispecies
Référence Belles fleurs de France 2  : Prunus avium  (fr)
Référence Catalogue of Life : Prunus avium (L.) L.  (en)
Référence Tela Botanica (France métro ) : Prunus avium (L.) L., 1755  (fr)
Référence Tela Botanica (La Réunion ): Prunus avium L.  (fr)
Référence Flora of China  : 'Cerasus avium'  (en)
Référence ITIS : Prunus avium (L.) L.  (fr) (+ version anglaise  (en))
Référence NCBI : Prunus avium  (en)
Référence GRIN  : espèce Prunus avium (L.) L.  (en)

ANNEXES ET Bibliographie

Sites référents
http://fr.wikipedia.org/wiki/Prunus_avium



Références
1↑ Claire Doré, Fabrice Varoquaux, Histoire et amélioration de cinquante plantes cultivées, Inra-Quae, 2006, 812 p.
2↑ a et b Daniel Zohary, Maria Hopf, Domestication of Plants in the Old World: The Origin and Spread of Cultivated Plants in West Asia, Europe, and the Nile Valley, Oxford University Press, USA, 2001, 328 p.
3↑ Britta Pollmann, Stefanie Jacomet, Angela Schlumbaum, « Morphological and genetic studies of waterlogged Prunus species from the Roman vicus Tasgetium (Eschenz, Switzerland) », dans Journal of Archaeological Science, vol. 32, no 10, 2005
4↑ Efraim Lev, Zohar Amar, Practical materia medica of the medieval eastern Mediterranean according to the Cairo Genizah, Brill, 2007, 750 p.
5↑ Hu Shiuying mentionne aussi le P. tomentosa la cerise duveteuse, maoyingtao 毛樱桃, qui était mangé localement par les gens
6↑ (zh) Shiu-ying Hu, Food Plants of China, The Chinese University Press (HK), 2005, 844 p.
7↑ pour la Flora of China : Ouzhou tianyingtao 欧洲甜樱桃 "cerise douce d'Europe"
8↑ Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion, G. Dumé, Flore forestière française: Plaines et collines, Tome 1, Institut pour le développement forestier, 1989, 2003, 1783 p.
9↑ Référence GRIN  [archive] : espèce P. avium  [archive] (en)
10↑ M Tavaud, A Zanetto, JL David, F Laigret and E Dirlewanger, « Genetic relationships between diploid and allotetraploid cherry species (Prunus avium, Prunus<gondouinii and Prunus cerasus) », dans Heredity, vol. 93, 2004, p. 631-638
11↑ variétés  [archive]
12↑ les jardins fruitiers  [archive]
13↑ http://agriculture.gouv.fr/graines-et-plants-forestiers  [archive]
14↑ http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/1_registreMatBaseNOV-2010.pdf  [archive]
15↑ http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Doc1-10-21-Annexe3-cat-qualifiee05-2011.pdf  [archive]
16↑ http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/doc2-10-21-annexe2a-cat-selectionnee-05-2011.pdf  [archive]
17↑ http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/identifie200510.pdf  [archive]
18↑ http://www.inra.fr/les_recherches/exemples_de_recherche/tournant_majeur_dans_la_culture_des_merisiers  [archive]

Liens externes
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Référence Tela Botanica (La Réunion ): Prunus avium L.  (fr)
Référence Flora of China  : 'Cerasus avium'  (en)
Référence ITIS : Prunus avium (L.) L.  (fr) (+ version anglaise  (en))
Référence NCBI : Prunus avium  (en)
Référence GRIN  : espèce Prunus avium (L.) L.  (en)

 


 

Prunus avium fruit
Description[modifier]

Prunus avium fruit; Northumberland, UK; 14 August 2006
Prunus avium fleurs
Description               
English: Sweet Cherry flowers
Date                22 avril 2010
Source                Travail personnel
Auteur                Joe Jenze
Prunus avium glande
Nectaires sur un long pétiole, caractéristique de Prunus avium
Description                Glandes rouges caractéristiques du Prunus avium
Date               
Source                Travail personnel
Auteur                André Abrahami
Prunus avium ecorce
Description                Cerasus avium
Date                24 janvier 2008
Source                Travail personnel
Auteur                Jerzy Opioła
Prunus avium feuille
Leaf of a Wild Cherry (''Prunus avium''). Photo by Derek Ramsey 


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